La capitale burkinabé est célèbre pour la présence massive dans la ville des "deux roues" c'est-à-dire des vélos et surtout des motos. Certains prétendent que le Burkina serait le 3e pays au monde (après la Chine et un pays européen) où l'on constaterait le plus grand nombre d'engins à deux roues par rapport à la population. Vrai ou faux? Toujours est-il que le nombre de ces engins en circulation à Ouaga est plus que remarquable. Certes, les villes de la sous-région comme Bamako, Lomé ou Cotonou connaissent ces "deux roues", cependant l'ampleur du phénomène dans la capitale des mossi n'est comparable à aucun autre endroit. En fait, il n'est pas de famille ou de foyer où on ne note pas la possession d'un, de deux voire plus de ces moyens de transport. Les propriétaires sont de tous âges (de moins de 7 à plus de 77 ans), des deux sexes et de toutes les CSP (catégories socioprofessionnelles).
La question est alors de savoir ce qui est à l'origine d'une telle réalité. S'agit-il d'un phénomène culturel, socio-économique ou autre? L'explication tendant à lier un tel phénomène à une simple question de revenus donc de pauvreté ne semble pas résister longtemps au doute. En effet, non seulement certains de ces engins coutent une fortune mais en plus ces engins cohabitent quelques fois dans la même "cour" avec des voitures (souvent de la prestigieuse marque allemande). Par ailleurs, sur l'indice du développement humain (IDH), même si le Burkina est dans les profondeur du classement du PNUD (77e sur 82 pays), les capitales respectives d'autres pays moins bien placés (le Mali ou le Niger par exemple) ne connaissent pas le phénomène des "deux roues" avec autant d'ampleur que Ouaga.
Même si on ne note pas encore à Ouaga, l'existence des moto-taxi (comme à Lomé, Cotonou ou Kinshasha), les "deux roues" font partie intégrante du décor, de l'identité de Ouagadougou. Le business des "parqueurs" de ces moyens de transport serait florissant notamment à l'occasion des grands rassemblements culturels ou sportifs (concerts, matches de football des étalons, etc.). Pour un parent qui a les moyens, la moto serait "le cadeau" à offrir à son enfant (fille ou garçon) venant de réussir à son examen du bac ou du brevet. De même, les "2e bureau" des "uns" n'y cracheraient pas à défaut d'avoir une RAV 4 importée du Port de Lomé. Les "Aladji" et autres hommes d'affaires l'ont d'ailleurs si bien compris, eux qui rivalisent d'ingéniosité et de créativité dans les réclames et promotions commerciales passant à longueur de nuit sur la RTB ou Canal 3.
Bref, la moto c'est toute une culture à Ouaga. Elle en fait le charme. Il n'est que de voir les embouteillages, vrombissements et autres fumées d'échappement sur l'avenue Bassawarga à quelques encablures du rond-point de la Patte d'Oie le soir à l'heure de la descente. Il est vrai que le revers de la médaille, ce sont tous ces accidents principalement les soirs de weekend et les entraves à la circulation dans lesquels motos et vélos sont souvent impliqués.
mercredi 25 novembre 2009
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